Une crise, deux visions politiques différentes

Conseil communal dans des conditions particulières ce jeudi soir à Bertrix.

Les 19 conseillers, et le public, se retrouvaient après deux mois d’interruption dans l’immense Bertrix hall.

Toutes les précautions d’usage avaient été prises : masques et gel à disposition et respect des distances de sécurité (pratiquement 2,50 mètres séparaient chaque conseiller de son voisin).

3h30 de réunion (ce qui est assez inhabituel pour Bertrix) et une attention permanente pour comprendre ce que disait le/la collègue assis·e à 20 mètres de nous.

Seul le maïeur disposait d’un micro.

Le menu du jour ne semblait pas trop indigeste, mais le plaisir de se retrouver sans doute a rendu certains quelque peu bavards…

Afin de rendre effectives certaines décisions prises par le Collège durant cette période de « pouvoirs spéciaux », le conseil communal était invité à en confirmer quelques-unes. Parmi elles, l’octroi d’une indemnité en faveur des commerçants, indépendants à titre principal et opérateurs touristiques impactés par la crise Covid-19.

Une proposition incomplète

Le principe : un pot de 200.000 € sera distribué à parts égales aux commerçants, indépendants à titre principal et opérateurs touristiques impactés par la crise Covid-19 qui en font la demande.

La volonté du Collège est louable, mais pourquoi limiter ce soutien à cette seule catégorie de personnes ?

Les commerçants et indépendants ne sont pas les seuls impactés par la crise.

Bien d’autres publics sont dans des situations extrêmement précaires à cause de cette crise.

On pense aux personnes qui avant déjà avaient difficile à boucler le mois.

Elles sont nombreuses à se retrouver au chômage et ne peuvent plus assumer leurs obligations : loyers, remboursements, mais aussi leurs besoins vitaux : santé, alimentation, etc.

Pourquoi créer cette discrimination et hiérarchie entre les personnes nécessiteuses ?

Un impact non négligeable sur le budget communal

On parle quand même d’une contribution de plus de 60 €/ménage (car in fine, ce sont les bertrigeois qui payent).

Ces 200.000 €, il faudra aller les chercher quelque part. Pour le moment, 150.000 € ont été imputés dans une ligne budgétaire « fictive » (Notes de crédit et ristournes du service ordinaire), ce qui en d’autres mots signifie que cette somme devra être dédite de dépenses planifiées pour 2020, sans que celles-ci soient précisées à cette date.

Au détriment de quels services à la population, de quelles dépenses de fonctionnement, on ne le sait pas.

Notre proposition

Dès lors, le groupe ECOLO a proposé que cette proposition d’indemnité soit aussi accessible à toutes les personnes souffrant de la crise et pouvant le justifier.

Proposition refusée par la majorité.

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